NOS FIGURES

MIS A JOUR LE: 15/07/08 17:28:46


 

COMPAGNON DE LA LIBÉRATION           

http://www.cite.org/quartiers/Compagnons/fiche_184.html

                                            JOSEPH CASILE

 

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MONSIEUR CASILE JOSEPH MARIE  présent à PARIS (Issy les Moulineaux) invite chez MONSIEUR SANTINI, réunion des Officiers Mariniers de Réserve.

Major NESA , Premier Maître DELORME et MAJOR VENTURA Président de la Section Corse Des OFFICIERS MARINIERS DE RÉSERVE

 

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cérémonie a VALLE DI MEZZANA


 

TIRE DU BULLETIN DE LIAISON NUMÉRO 6 OCTOBRE 1996

RHIN ET DANUBE DE CORSE DU SUD

 

Par GEORGES COLLET trésorier Rhin et Danube

 

Joseph-Marie CASILE, Compagnon de la libération et membre actif de la section « RHIN et DANUBE » de la Corse du sud, vient d’être élevé à la dignité de COMMANDEUR de la Légion d’Honneur.

 

Il à été décoré le 18 juin 1996, à l’ÉLYSÉE par le président de la république, JACQUES CHIRAC

Cette haute distinction vient récompenser un combattant de la première heure qui n’a pas accepté la capitulation et qui a su comprendre où se trouvait le destin de la France, à la suite de la terrible défaite de 1940.

 

Joseph-Marie CASILE a rejoint les forces Britanniques à Saint Jean d’Acre le 26 juin 1940 à la frontière Syro-Palestinienne.

 

Il a participé aux opérations d’Égypte, Libye, Syrie, Tunisie, Italie et France.

 

Au feu, il a reçu sept citations et a été blesse à trois reprises.

 

Outre la Légion d’Honneur, il est titulaire de la Croix de la Libération, la Médaille Militaire, La croix de guerre TOE, La croix de guerre 39-45, la Croix du Combattant Volontaire, la Médaille des Blesses, la Médaille Coloniale avec agrafes ANNAM-TONKIN et BIR HAKEIM ainsi que plusieurs Médailles Commémoratives avec agrafes.

Adhèrent de « RHIN et DANUBE, cet homme de 92 ans, bien connu du monde combattant, très alerte, au caractère jovial et jeune, fait honneur à l’association.

 

Nous présentons à Monsieur CASILE, nos chaleureuses félicitations et l’assurons de notre sympathie.

 

Monsieur CASILE habite au village de VALLE DI MEZANA 20167 CORSE DU SUD

Village qui se situe à quinze kilomètres d’AJACCIO.

 


Joseph Casile

Joseph Casile est né le 25 février 1905 à Métlaoui en Tunisie où son père était chef comptable.

En 1923, il s'engage dans l'armée comme soldat de 2e classe. Promu sergent en 1924, il est blessé par balle en septembre 1925 au Maroc et est cité à l'ordre du corps d'armée.

Libéré, il entre ensuite dans la carrière de l'administration coloniale comme adjoint des services civils en AOF mais il est rappelé en août 1938 en raison des tensions internationales.

En 1939, lorsque la guerre éclate, il se trouve en Syrie et sert au 24e Régiment d'Infanterie Coloniale (24e RIC). Il est promu sergent-chef en avril 1940.

En juin 1940 il suit les cours de chef de section à Tripoli et, le 27 juin, dès que le général Mittelhauser dépose les armes en Syrie, avec ses camarades Bénard et Salvat, il refuse l'armistice et passe en Palestine avec le capitaine Folliot et 130 hommes de la 3e compagnie du Régiment, à l'aide de faux ordres de mission.

Joseph Casile

 

Réunis au camp de Moascar, les volontaires français sont rejoints par les 350 hommes du 3e Bataillon du 24e RIC emmenés par le capitaine Lorotte et décident de prendre le nom de 1er Bataillon d'Infanterie de Marine (1er BIM). Le 1er BIM constitue, pour les Britanniques, le premier élément des Free French (Français Libres) et sera la première unité FFL à reprendre le combat.

Avec le BIM, le sergent-chef Casile participe aux campagnes d'Egypte et de Libye (1940-1941) et notamment à la prise de Tobrouk avec les Britanniques en janvier 1941.

Il combat ensuite en Syrie en juin 1941 et est nommé adjudant le 1er septembre.

Il combat de nouveau en Libye, prenant part notamment à la bataille de Bir Hakeim avec la 1ère Brigade du général Koenig du 27 mai au 11 juin 1942.

Le 31 octobre 1942, il est blessé à la bataille d'El Alamein, par un éclat de mortier à la cuisse gauche.

En mai 1943, l'adjudant-chef Casile fait la campagne de Tunisie au sein du Quartier Général 51 de la 1ère Division Française Libre.

Le 21 août 1943, il est affecté, toujours au sein de la 1ère DFL, au Bataillon de Marche 21 (BM 21). Avec son unité, Joseph Casile débarque en Italie, en avril 1944 et se bat au Garigliano, San Giorgio, Pontecorvo, Leucio, Palestrina, et Gallicano.

En août 1944, il débarque en Provence et participe à la remontée de la vallée du Rhône. Puis, il combat dans la région de Belfort (côte 327), et en Alsace à Kraft, Osthouse, Sélestat, sur le Rhin et à Maausen.

Joseph Casile est promu sous-lieutenant en janvier 1945 et termine la guerre dans les Alpes, avec la 1ère DFL, au fort de Rans et à Pezurbe.

Après un séjour à Bangui au cours duquel il est blessé en service commandé, il est démobilisé et promu lieutenant de réserve.

Il exerce ensuite la profession de chef comptable, puis d'exploitant agricole en Corse.


• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 7 mars 1941
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE
• Croix du Combattant
• Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc 1925" et "Bir-Hakeim 1942"
• Médaille des Blessés
• Médaille Commémorative 39/45

 

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/181.html

IN MEMORIAM

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décède 25-01-2007

Que représente pour vous Valle Di Mezzana ?

 

Valle Di Mezzana c’est la retraite idéale, je n’ai connu de plus beau dans ma vie, c’est mon cœur, je suis très attaché à ce village et à cette terre. J’ai de plus été très ému par la fête donnée en mon honneur.

 

Que voudriez vous y changer ?

 

Changer la manière dont on reçoit les gens.

 

L’armée pour vous, qu’est ce que c’était ?

 

C’était pour moi un refuge, ce milieu me convenait, c’était comme une famille, j’aimais la guerre bien qu’indiscipliné j’étais très dévoué quand venait le moment de combattre.

 

Vous qui avez connu la guerre, que pouvez vous en dire ? Quel message voudriez vous faire passer aux jeunes ?

 

La guerre est inutile, la parole devrait suffire car plutôt que de ce battre il faut chercher à discuter, il n’y a pas besoin de fusil pour faire la paix.

 

Y a-t-il des personnages qui vous ont marqués ?

 

Je dirais Antoine Casile pour le courage dont il a fait pour élever ses neuf enfants, cela mérite le respect, je lui ai personnellement prêté de l’argent à l’époque pour qu’il achète sa maison et cela avant que je n’ai fait la mienne car il fallait que je l’aide.

Ensuite, Napoléon Poggiale qui a œuvré à son niveau pour me permettre d’être promu officier car il est intervenu auprès de Monsieur Painlevé alors ministre du Président Poincaré.

Je terminerai en parlant d’un personnage historique De Gaulle qui était pour moi tout ce que représente un honnête homme.

 

Pour finir, deux dernières questions, l’une à propos de votre surnom « Falcione » et l’autre par rapport a votre age (101ans) ?

 

J’ai hérité de ce surnom de mon arrière grand père et de mon père.

 

 

 

a vindicca


GEORGES COLLET  Anciens combattants

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15-02-2004

 

 

Engage volontaire pour 3 ans le 24 mai 1938 au titre du 1/28 éme régiment de tirailleurs tunisiens à Bonifacio (corse)
  • 16 mars 1939 caporal
  • 16 septembre 1939 sergent
  • 15 novembre 1940 affecte dans la gendarmerie
  • 15 mai 1941 titularise garde
  • 24 mai 1943 admis dans le corps des sous officiers de carrière
  • 10 juin 1946 promu maréchal des logis chef
  • 26 mars 1953 promu adjudant

 

                                             

Décorations

Médaille MILITAIRE

CROIX DE GUERRE TOE AVEC Étoile DE BRONZE

Médaille Commémorative 39-45 Barrettes FRANCE AFRIQUE Libération ALLEMAGNE

Médaille COLONIALE AVEC AGRAFE TUNISIE 1942-1943 ET Extrême ORIENT

Médaille Commémorative INDOCHINE 

Médaille DE RECONNAISSANCE DE LA NATION


       

 

 

Rassemblés à Marseille le 24 mars 1953, où nous subis­sons sur le quai d'embarque­ment les crachats et invec­tives de manifestants hostiles, le paquebot « Skaugun » emporte sa cargaison humaine vers des lieux inconnus de nous, mais dont nous avions déjà des échos par les camarades rapatriés. « Ce n'est pas du nougat », nous disaient-ils. Le coeur serré, nous avons laissé sur le quai, qui son épouse, qui sa famille, qui un ami. Nous quittions le rivage de la douce France, anxieux de ce qui pouvait se passer à 15 000 kilo­mètres de là.

A Port-Saïd, nous mouillons en rade à trois kilomètres du petit port. Nous avions une permission de trois heures. Des barques nous amènent à terre. Avec trois camarades, nous ne sommes pas au rendez-vous du retour, quelques minutes ont suffi à créer notre désarroi. Nous louons une embarcation civile dirigée par des arabes afin de regagner le navi­re. Nous arrivons à la coque, l'échel­le était déjà relevée. Cette dernière est redescendue et le colonel com­mandant d'armes nous attendait à la coupée, armé de ses quinze jours d'arrêts de rigueur. Bon départ en réalité, pour l'Indochine... Quelques minutes de plus et nous étions por­tés déserteurs.

Grâce à un capitaine de gendar­merie, chef de détachement com­préhensif, notre peine est commuée en un service de police à bord et à une privation de permission de des­cente à Colombo. Cette dernière mesure,. en raison de notre bonne tenue fut rapportée, mais solidaires nous nous sommes passés de la visite de Colombo.

Qu'elles furent chaudes ces longues journées dans la mer Rouge et dans l'océan Indien, ces soirs où nous regardions les espadons sor­tant de l'eau à l'avant du navire, comme pour nous montrer le che­min, et ces poissons volants argen­tés et lumineux au crépuscule.

 

Qu'elle fût longue cette lente remontée de la « rivière de Saigon » et qu'elle nous parût interminable. Mais nous touchions bien la terre d'Indochine, terre maudite pour les uns, terre enviée par les autres. Nous étions là et nous subissions inexorablement, au débarquement, les fouilles systématiques d'une douane intransigeante. Nous allions au « casse-pipe »... il était difficile de comprendre. Le voyage d'agrément avait duré vingt huit jours.

Bien vite des camions nous attendaient et nous transportaient au fameux camp Pétrus KY, le vrai camp du soleil, type mer de Chine, séjour gratuit. Les paillasses dispo­sées sur les lits à étages étaient bientôt traversées par notre transpi­ration et nous devions maintenir notre tonus pendant les quelques jours précédant nos affectations.

Bientôt, je fus désigné pour le Centre Vietnam. Sans compostage, nous voici installés dans le fameux train blindé «La rafale», sautant à coup sûr à chaque trajet. Nous voyons défiler au fil des heures ces magnifiques plantations que nos camarades étaient chargés de pré­server; en même temps, avec les valeureux légionnaires chargés de la sécurité des convois, nous mesurons la gravité de la-situation et cela nous donne un avant goût de ce qui nous attend.

Je rejoins le détachement de Phan-Rang, poste de Tour-Cham, implanté dans les rizières, c'est un poste assez tranquille. Mes devoirs avec les autorités me font connaître le roi des Thiams, une minorité: le roi Fath. Il m'invite dans son palais forti­fié, me fait déguster des spécialités du pays agrémentées de bière, hélas chaude. Prise de contact pleine de confiance mutuelle qui anime notre moral et nous permet bien des espoirs.

L'adjudant-chef, commandant le détachement de Phan-Rang, est rapatrié et je suis désigné à sa suc­cession : poste important en relation permanente avec le commandant du sous-arrondissement. Chargé de la sécurité de l'état-major, je participe aux opérations et doit m'occuper, de surcroît, de l'organisation matérielle de la vie du personnel de la petite garnison. C'est ainsi que je confie la responsabilité de la popote à un Moi rallié, victime du Viet-Minh, lequel lui avait coupé la langue afin qu'il ne puisse parler. Je ne le faisais partici­per à aucune opération car cela aurait été le condamner indéniable­ment. Il était d'une fidélité absolue.

Le 28 mai 1953,'à 17 heures 30, le commandant du sous-arrondisse­ment me donne l'ordre de remplacer un officier au commandement d'un peloton mixte (blindé accompagné d'une section d'infanterie), l'officier étant indisponible pour cause de paludisme et pré rapatriable.

J'ai reçu l'ordre d'opération du 29 mai et la mission incombant au peloton mixte était de protéger le flanc du groupement opérant dans le massif du Mavieck. En outre, au cours de l'opération, le commandant me chargea vers 11 heures, par moyen radio, de pousser une recon­naissance profonde en direction de Son-Hai. C'est à Son-Hai que des éléments rebelles furent délogés par notre action de surprise, le tir précis de notre canon et l'efficacité de nos armes automatiques. Des renseigne­ments intéressants furent donnés au commandement.

Les 3 légions de marche de la garde républicaine, par l'implantation de postes sur tout le territoire d'Indo­chine, formaient une toile d'araignée. Les gradés et les gendarmes étaient les responsables de la majorité de ces postes, n'ayant sous leur cornmandement que du personnel autochtone. Isolés dans la masse, il fallait beaucoup de courage, de diplomatie, de patience pour parvenir à dominer tout ce monde en période troublée et, de jour en jour, le noyau­tage adverse s'implantait sournoise­ment à l'intérieur des postes leur por­tant un coup fatal.

Les gradés, pour la plupart, étaient commandants de compagnie. C'est ainsi que j'ai eu successive­ment le commandement de la 641e, de la 514e et enfin de la 500e C.S.M. (Compagnies de Supplétifs Mili­taires).

La 641e C.S.M. tenait à Tan­Phuoc un gros poste fort de 120 hommes, doté d'armes lourdes et renforcé par une batterie de 75 mm. La coupure à défendre était impor­tante : une grande plaine s'étalait jus­qu'au pied de la jungle et une rivière côtoyait le poste et le traversait, les infiltrations étaient toujours possibles malgré la vigilance. A tour de rôle, la moitié de l'effectif du poste était affectée à la défense rapprochée et l'autre moitié à la défense éloignée, par l'efficacité de patrouilles, d'em­buscades, de petites opérations dans le cadre du poste ou d'opérations plus importantes dans le cadre du sous-secteur de Van-Gia, c'est ainsi que je l'avais conçu. J'avais comme seul adjoint européen un caporal-chef de la coloniale qui était sur le point d'être rapatrié. Tout nous incombait: le recrutement, l'instruc­tion, la gestion de l'effectif et des familles retranchées au poste. C'était un poste clé, à la limite de la zone critique, qui a sauté quinze jours après mon départ. J'ai eu l'occasion de retourner à Tan-Phuoc beaucoup plus tard pour procéder à des exhu­mations de légionnaires morts au combat six ans auparavant. J'ai eu beaucoup de peine en apprenant ce qui s'était passé: par la trahison d'un radio vietnamien, seul militaire régu­lier affecté au poste, 36 hommes ont payé de leur vie, le reste de l'effectif emmené dans les interminables colonnes de la mort. Cela vous marque à jamais.

La 514e C.S.M. était stationné à My-Luong, poste isolé sous la protection éloignée de l'artillerie. Réorganisée, elle est devenue la 500e C.S.M. et je n'ai eu que des satisfactions avec ces Moïs et ces Thiams, venus des hauts plateaux, minorités rejetées, elles avaient confiance en nous et nous pouvions compter sur elles. Avec mes supplé­tifs, qui en faisaient leur plat préféré, j'ai mangé du « Ta-Ko », gros lézard des sables: mis à jeûner pendant un mois, frit et assaisonné, ce n'était pas mauvais du tout.

Le poste était clôturé par une haie de bambous effilés, consolidée par des barbelés et chevaux de frise, ce qui n'empêchait pas des éléments viets à venir de nuit nous invectiver

en français tel que: « Rendez-vous - vous êtes foutus ». Alors on « fer­raillait ». Que faire d'autre que la dis­suasion. en montrant notre moral acquis des armes, forgé à toute épreuve.

La vie des postes m'était deve­nue familière et la majeure partie de mon séjour m'a conduit à des affec­tations successives.

Au cours d'une opération dans la région de Van-Gia, au massif du «Corbeau», j'avais détaché en reconnaissance et en commando dans un village, le sergent-chef Tan, d'ailleurs volontaire, avec trois parti­sans. Il était mon sous-officier de liai­son et agent de renseignement rallié de longue date. Quelle ne fut pas ma stupéfaction et mon horreur de voir sortir de sa musette, à son retour, deux têtes de « Viet ». J'étais loin de me douter qu'il s'était vengé d'une vieille histoire dont avait été victime sa famille. Ça, je ne le savais pas et, devant le fait accompli, je devais en rendre compte au commandant du secteur.

A Ninh-Hoa, désigné pour pro­céder à des exhumations en liaison avec le ministère des anciens com­battants, j'ai du consentir à dormir dans ma paillote avec six cercueils durant deux mois, les abandonnant pour sauter précipitamment sur la plage arrière d'un half-track ou d'une auto-mitrailleuse, afin de dégager un poste ou un pont menacé, cela de nuit, bien entendu.

La dissolution de ces unités supplétives intervint et j'ai raccompa­gné mes fidèles compagnons, avec un 4X4, dans la montagne vers les Hauts-Plateaux, à l'approche de leur village. L’adieu a été émouvant, ils nous aimaient, nous les aimions. Il est impossible de savoir ce qu'il est advenu de leur sort. Les accords de cessation des hostilités étant interve­nus n'amenaient plus l'engagement de ces unités sur le terrain.

Qui de nous ne se souvient du cheminement de nos patrouilles, tou­jours vulnérables, sur les diguettes des rizières, une « Pataugas » dans l'eau, l'autre sur la diguette.

Qui de nous ne se souvient des opérations de dégagement de postes ou de défense éloignée, devant se frayer un chemin dans la brousse ou au travers de pistes infestées de pièges ou de sangsues, dans la jungle, allant vers les Hauts plateaux, sans oublier les ouvertures de route pour la sécurité des convois.

Qui de nous, enfin, ne se sou­vient de la vie des postes, monotone,

anxieuse et aliénante, où, retranchés derrière des barbelés, des hommes au nom d'une idéologie venaient nous claironner à longueur de nuit leurs slogans démoralisants.

Nous avons tous souffert en Indochine et ce passage a laissé un mauvais souvenir dans notre carriè­re. Trop nombreux sont les cama­rades disparus trop tôt, en pleine jeu­nesse. Nombreux aussi sont ceux qui sont rentrés déprimés, atteints physiquement ou moralement. Trop nombreux également ceux marqués pour la vie, victimes des retombées de la vie quotidienne, atteints par les amibes, le paludisme- ou les graves blessures corporelles. Les quelques bien portants n'ont pas toujours eu l'accueil qui leur revenait et la réinté­gration dans leurs unités d'origine n'a pas toujours été retenue.

C'est ainsi qu'à mon retour d'In­dochine, j'ai oui dire que nous étions partis à l'aventure comme des mer­cenaires, pour l'attrait de l'argent. Je me demandais, à l'époque, si beau­coup de mes camarades étaient revenus fortunés et j'en ai déduit que ce n'étaient que des propos émanant de sinistres personnages qui ont aidé malheureusement à pourrir, puis à détruire une société encore saine.

Au retour, la réadaptation fut douloureuse. L’indochine a fait de nous des hommes perdus à jamais, par les souvenirs tristes d'une guerre sans issue. Nous sommes revenus au pays dans une société qui ne s'est jamais intéressée au conflit, ignorant donc complètement les faits. Les combattants, eux, ne peuvent les oublier.

Du Viet-Nam, nous en parions entre camarades, mais rarement en public car l'on ne nous comprend pas.

Nous n'étions pas des mercenaires.

 

Georges COLLET (GR 160

 

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DÉCEMBRE 2002 - LA CHARTE - 11  

IN MEMORIAM

  décède 01-06-2006


 

IN MEMORIAM

1999

 

Notre camarade, le Chef de Bataillon ANDRÉ STEFANAGGI nous quittes brutalement le dimanche 4 juillet 1999.

Âgé de 77 ans ,adhèrent de longue date de la section de Corse du sud de Rhin et Danube, André était un ancien du 7éme Régiment de Tirailleurs marocains.

Il était un ancien combattant valeureux qui s'est distingué sur les théâtre d'opérations en obtenant sept citation.

Blessé en opération de guerre, il était titulaire de la médaille militaire et de nombreuses décorations.

Nous avons perdu un ami apprécié pour sa simplicité, sa franchise et sa courtoisie, nous le regrettons sincèrement.

Une forte délégation assistait à la levée de corps avec la présence du drapeau Rhin et Danube.

Une plaque de l'association a été déposée sur son tombeau à Valle di Mezzana.

Nous renouvelons à sa veuve et à ses trois enfants éprouvés par ce deuil notre sympathie et nos condoléances les plus attristées qu'ils acceptent le témoignage de toute notre amitié et de notre soutien.

Adieu ANDRÉ.

                                                                    Texte Georges COLLET Journal RHIN et DANUBE


photos  famille STEFANAGGI Patrick

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STEFANAGGI ANDRE né le 01-06-1922 à Valle di Mezzana décédé le 04-07-1999 à Valle di Mezzana.

Engagé volontaire pour 3 ans devant le Colonel commandant le 43 R.I.A à Arles au titre du 7eme RTM

  • 02-05-1941  2eme classe
  • 26-10-1942  caporal
  • 05-12-1942  caporal chef
  • 16-03-1943  sergent
  • 01-09-1946  sergent chef
  • 01-07-1951  adjudant
  • 01-10-1953  adjudant chef
  • 01-01-1958  sous-lieutenant
  • 01-01-1960  lieutenant
  • 01-04-1964  capitaine
  • 01-01-1971  chef de bataillon

 

décorations:

Médaille MILITAIRE

CROIX DE GUERRE 39/45 avec étoile d'argent et 2 étoiles de bronze

CROIX DE GUERRE DES T.O.E avec 4 étoiles d'argents et une palme

Médaille COLONIALE avec agrafe TUNISIE 1942-1943

Médaille Commémorative GUERRE 39-45/Afrique/Italie/libération/Allemagne

AGRAFE Coloniale agrafe E.O

Médaille Commémorative INDOCHINE

Médaille Commémorative M.O Algérie AGRAFE MAROC

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. Nom MORELLI
. Nom marital
. Prénoms Joseph
. Date de naissance 15-11-1928
. Commune de naissance Paris 15
. Département de naissance 75 - SEINE
. Matricule au corps 2929
. Recrutement
. Date de décès 11-09-1949
. Lieu de décès Rach Rat province de Thaudaumot (Cochinchine)
. Genre de mort Noyé corps non retrouvé
. Grade Sergent
. Corps 2/3e régiment tirailleurs algériens
. Lieu de transcription Philippeville (Constantine)

 

Paul LECA

Paul LECA
Paul LECA (1905-1966)

De l'Or dans le Train et dans les Mains

Paul Leca est né le 14 mai 1905 à Valle-di-Mezzana, en Corse du sud. Embarqué pour le continent, il atterrit à Marseille. Il y trempe très jeune dans divers trafics, notamment celui des faux billets, ainsi que dans le vol, et se fait remarqué dans le quartier de Saint-Jean. Il en devient l'un des caïds.

En 1936, son nom est cité dans des affaires de vol, et en 1938 dans une très grosse affaire : celle du train de l'or. Les premiers traits de l'affaire ont été tracés à la Centrale de Nîmes. Le coup réunit deux bandes de Marseille, l'une venant de la Belle-de-Mai, emmenée Paul Pedusi et comptant dans ses rangs Gu Méla, l'autre de Saint-Jean, ayant pour chef de file Paulo Leca. Au total, on compte seize participants. Une nuit de septembre 1938, un train transportant 180 kilos d'or, des diamants et des rubis bruts, entreposés dans un wagon blindé gardé par deux homme armés, quitte la gare Saint-Charles à Marseille. Tout juste quelques minutes après son départ, le train s'arrête bizarrement à hauteur de Saint-Barthélémy. Les hommes d'équipage descendent du train pour voir ce qui se passe. À peine descendus, ils sont mitraillés. Une partie des braqueurs les met en joue tandis que d'autres chargent l'or et les diamants dans une camionnette. Quelques temps plus tard, quelques participants venus de la Belle-de-Mai sont arrêtés. Les autres, sentant le vent tourné, se réfugient à Paris.

Paul Leca, lui, décide de régler son compte à Attilio Deci, venu de la Belle-de-Mai et ayant participé au coup du train de l'or, à cause d'un vieux contentieux à propos de faux billets. Pour se faire, il lui propose de s'associer avec son équipe le temps d'une affaire. À peine arrive-t-il à ses côtés que Paulo le remplit de plomb. Ses amis balancent le cadavre de Deci à la mer.

Fin 1940, Paul Leca est interné au camp de Mauzac, et revient à Marseille en 1943, en partie libéré grâce à son amitié avec le parrain Paul Carbone. À Marseille, il devient l'un des principaux imprimeur de faux tickets d'alimentation et travaille pour les services, volant à l'occasion pour leur compte des documents militaires à la marine allemande. À la libération, Leca est accusé de collaboration. Le patron de la Sûreté, Pierre Berteaux, que Leca a rencontré à Mauzac, intervient et l'innocente.

Un Gros Poisson

À la Libération, Paulo Leca est devenu un très gros poisson, lié à de nombreuses figures du Milieu et ayant des relations policières à un haut niveau qui le protégeront longtemps. Ayant toutes les apparences de la respectabilité, possédant des participations dans des bars niçois, Leca affiche un mode de vie de nabab, costumes coûteux sur le corps et porte-cigarettes en or à la bouche.

Après la guerre, il pille les châteaux, trafique les faux dollars et les cigarettes de contrebande. Il excelle dans ce dernier secteur et devient l'un des plus gros trafiquants de cigarettes de Marseille, peut-être même le plus gros juste après Jo Renucci. Son superbe yatch, l'Éliette, sert à son équipe pour faire la navette entre Tanger et Marseille, les cales du bateau remplit de blondes. En décembre 1949, deux tonnes de cigarettes de contrebande sont saisies dans un camion près de Marseille. Leca est confondu quelques semaines plus tard. Son yatch est saisi. Lui est condamné à une amende de 130 millions de francs et trois ans de prison par contumace. Paulo Leca est en effet en cavale. Mais pour une autre affaire. Celle des bijoux de la Bégum, le coup le plus fameux des années d'après-guerre..

Le 3 août 1949, aux alentours de midi, sous un soleil tapant, une Cadillac transportant l'Aga Khan, père spirituel des Ismaéliens (secte musulmane) et l'un des hommes les plus riche au monde, accompagné de sa femme, la Bégum, élue Miss France en 1930, quitte une luxueuse demeure du Canet pour se rendre à l'aéroport de Nice. Un cycliste ralentit d'abord la voiture. Un peu plus loin, elle est bloquée par une traction arrêtée au milieu de la route, et dont le chauffeur fait mine de se soulager sur un mur. Brusquement, il se retourne et braque une mitraillette sur les occupants de la Cadillac. Deux autres hommes, portant des bérets basques et des lunettes de soleil, surgissent de la traction et s'emparent, sous la menace de leurs armes, du sac rouge de la Bégum, remplit de bijoux, dont la Marquise, un diamant 22 carats. L'Aga Khan est délesté de son portefeuille. Avant de prendre la fuite, les bandits prennent soin de crever les pneus de la Cadillac. Le montant du casse s'élève à 213 millions de francs, un record pour l'époque. On parle de "Casse du Siècle".

L'organisateur de l'affaire n'est autre que Paul Leca, secondé par un autre homme de poids, Charles Vincéleoni. C'est un américain retraité proche de la femme de ménage de la Bégum qui a apporté le coup à Leca. Le cycliste chargé de ralentir la Cadillac est Barthélémy Ruberti. Les trois braqueurs sont François Sanna, dit Chois, Jacques Bennedetti et Paul Mondoloni. Quand au chauffeur de la traction, il s'agit de Roger Sennanedj. Grâce à la batterie du véhicule, la police identifie ce dernier. Mis indirectement au courant par la presse, les membres de l'équipe l'élimineront avec sa compagne en Suisse par précaution, alors que la police est sur ses traces.

L'enquête n'avance pas. Jusqu'au jour où Jean-Thomas Giudicelli, homme respecté dans le Milieu mais indicateur invétéré, donne les noms de Ruberti et Sanna, en 1950. De leur côté, les deux compères arrêtés balancent toute l'équipe. Michel Nicoli, juge de paix du Milieu marseillais et oncle de Mondoloni, conseille à l'équipe de restituer le butin du casse pour alléger les charges qui pèsent contre eux. Ainsi, le 26 février 1950, la magot est mystérieusement déposé devant une porte du principal commissariat de Marseille. Leca prend la fuite en Camargue puis à New-York tandis que Mondoloni paye sa caution et s'enfuit à Cuba. Au procès, en juin 1953, Sanna est condamné à dix ans, Benedetti à huit ans et Ruberti à six ans. Vincéleoni, pour sa part, est acquitté tandis que Leca et Mondoloni sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité par contumace.

Mais l'affaire de la Bégum ne s'arrête pas là. À sa sortie de prison, se sentant lésé par la restitution du butin conseillée par Michel Nicoli, Jacques Benedetti abat ce dernier pour son conseil inutile le 14 juillet 1958. En 1976, il est lui-même abattu sur ordre de Paul Mondoloni, neveux de Nicoli. Entretemps, en juillet 1960, Jean-Thomas Giudicelli est tué d'une rafale de mitraillette, sans aucun doute pour l'une de ses dénonciations, peut-être pour celle concernant l'affaire de la Bégum.

Paul Leca, lui, quitte New York en août 1960 pour la France et s'y constitue prisonnier. Jugé en novembre 1961, il bénéficie grâce à son ami Pierre Berteaux, patron de la Sûreté, de "circonstances atténuantes" et est condamné à deux ans de prison et au versement d'une amende de 91 millions de francs. Ayant déjà purgé dix-huit mois de détention préventive, il sort libre. Coulant une retraite paisible dans sa propriété de Sainte-Marguerite, il meurt dans son lit en février 1966.

Paulot Leca




PAULO LECA (1905-1966)


Paulo Leca et Paul Mondoloni l'affaire des bijoux de la bégum

Les bijoux de la Begum

Le 3 août 1949, la Cadillac de l'Aga Khan - l'un des hommes les plus riches du monde - est l'objet d'une attaque à main armée. Les agresseurs font main basse sur deux cents millions de diamants et de pierres précieuses...
L'AGA KHAN est un homme heureux. Petit mais heureux. Paris Match qui s'y connaît en vraies célébrités écrit de lui : « Descendant de Mahomet, dieu vivant pour 70 millions d'Ismaëliens (...) l'Aga reçoit chaque année son poids en or qu'il s'empresse d'ailleurs de distribuer à des oeuvres de charité. Son immense fortune fait de lui un des hommes les plus riches et plus puissants de la planète. Son écurie de courses est une des plus fameuses du monde. » Cet homme a, par ailleurs, un fils, Ali Khan, qui épousera cette année-là la star hollywoodienne la plus flamboyante, Rita Hayworth, mais ceci est une autre histoire. Il a aussi une épouse - la cinquième en titre - la Begum, une femme splendide née Yvette Lebrousse à Sète en 1906, ancien prix de beauté. L'Aga est septuagénaire et comme il aime beaucoup son épouse, il lui offre des bijoux, beaucoup de bijoux. Et la presse en parle beaucoup du petit Aga, chef temporel et spirituel de la secte musulmane des Ismaëliens et de sa cinquième et radieuse épouse (qui, elle, est très grande) et de ses bijoux... A Cannes, le couple habite la villa Yakimour. Or ce 3 août 1949, il s'apprête à quitter la Côte d'Azur pour Deauville où il a décidé de passer l'été. Il est midi lorsque la Cadillac quitte la villa pour se rendre à l'aéroport de Nice. L'Aga Khan s'est assis à l'avant à côté du chauffeur. La Begum est à l'arrière avec sa femme de chambre. A ses pieds, sa malette de cuir rouge qui contient des bijoux offerts par l'Aga : diamants et pierres précieuses. Il y en a pour plus de deux cents millions de l'époque. Subitement, la Cadillac est obligée de ralentir : un cycliste en plein milieu de la route, remonte sa chaîne de bicyclette... La puissante limousine ralentit et se voit couper la route par une traction avant. La Cadillac s'arrête pile. De la traction descend un trio, ni masqué, ni cagoulé mais puissamment armé : une mitraillette, deux gros calibres. Les portières de la Cadillac sont ouvertes... L'homme à la mitraillette braque son arme sur la Begum qui n'hésite pas un seul instant : la malette de cuir rouge change de propriétaire... Le trio repart dans sa traction. Le hold-up de l'année n'a pas duré cinq minutes. D'ailleurs, très concentré sur sa tâche principale, le trio n'a même pas pensé à détacher du cou de la Begum le collier qu'elle porte ce jour-là : une bagatelle de 80 millions. L'affaire fait évidemment la une de tous les journaux qui parlent, eux, du « hold-up du siècle ». Ils ne perdent rien pour attendre. Pour l'heure, l'enquête commence et elle est menée par le chef de la Police judiciaire en personne, Georges Valantin, qui - antérieurement secrétaire général de la police à Marseille - passait justement ses vacances dans le Midi.

Nous avions donné notre parole que nous ne ferions rien
Il connaît bien le « Milieu » de la Côte, Valentin et très vite, l'on identifie l'homme à la mitraillette, le gros Roger, de son vrai nom Roger Sennanedji, un truand bien connu de la police, « un dur un tantinet mou (qui) avait la réputation de se mettre trop facilement à table. » On sait même où il est le gros Roger (105 kg tout de même !) : à Genève avec son amie Renée Rémy. Il ne reste plus qu'à les cueillir, la police hélvetique est d'accord : pensez donc, mettre la main au collet du voleur des bijoux de la Begum. Seulement voilà, au moment où le couple va être arrêté, il disparaît : prévenu à temps selon certains, liquidé par les complices selon d'autres... En tout cas, ces deux-là, on ne les reverra jamais ! Ensuite, l'enquête piétine jusqu'au jour où un « informateur » fournit au commissaire Mattei de la Police judiciaire de Marseille les noms de tous les autres protagonistes du hold-up : Barthélemy Ruberti dit Mémé, François Sanna dit Choï - les deux acolytes armés - Jacques Benedetti et Paul Mondoloni, les deux qui étaient restés dans la traction. En un tournemain, tout ce joli monde se retrouve sous les verrous. Nous sommes début janvier 1950. L'affaire est terminée ? Non, elle commence car deux questions - essentielles - restent, si l'on ose dire, en suspens : où sont les bijoux ? qui est le cerveau de l'affaire ? Les déclaration des malfrats sont passablement embrouillées : les bijoux ont été enterrés dans un jardin à Vallauris puis déterrés puis ? On ne se souvient plus (sic). Le cerveau ? Finalement, après bien des interrogations, un nom tombe : il s'agirait de Paulo Leca, l'un des grands bonnets du milieu marseillais depuis 1936. Riche. Inattaquable et d'ailleurs, pour l'heure, subitement introuvable. Or, le 20 janvier 1950, coup de théâtre : un « informateur » anonyme avertit le commissaire Trucchi qu'un paquet l'attend au pied de l'escalier, dans la cour de l'hôtel de police de Marseille. On y va, on ouvre le paquet, on convoque les experts : ce sont effectivement les bijoux de la Begum. Il n'en manque qu'un, le fameux diamant dit de la Marquise qui vaut 60 millions à lui seul. Cette découverte miraculeuse a une explication que fournit obligatoirement le commissaire Trucchi : les avocats des gangsters auraient convaincu leurs clients de restituer les bijoux, ce qui leur vaudrait la mansuétude des jurés aux Assises... Finalement, l'on retrouve également - début mars 1950 - le fameux diamant, retaillé il est vrai afin de pouvoir être revendu à un Américain. L'on notera - c'est une information objective et rien de plus - que dans cette affaire, l'on retrouve beaucoup de Corses... des deux côtés de la barrière, souvent même originaires du même village ! Finalement, tout ce beau monde se retrouve trois ans plus tard, le 6 juillet 1952, devant la Cour d'Assises d'Aix-en-Provence. Manquent cependant le gros Roger (liquidé), Paulo Leca (évanoui dans la nature), Mondoloni (laissé en liberté provisoire, également disparu). Du côté des victimes, l'Aga - septuagénaire - est absent. La Begum - « robe d'été blanche à pois bleus, longs gants blancs, chapeau blanc (...) d'une royale beauté (...) beaucoup d'allure », (Frédéric Pottecher dixit) - viendra le troisième jour du procès. Du côté des policiers, l'on attend une rencontre - violente - au sommet entre Georges, Valentin, directeur de la Police judiciaire et Berteaux, directeur général de la Sûreté nationale. En effet, le premier a porté contre le second des accusations graves, l'accusant notamment d'être le véritable cerveau du hold-up ! C'est un quasi sosie de Winston Churchill qui préside : M. Pourtoukalian est jovial, haut en couleur. Il commence à en voir... de toutes les couleurs lorsque - interrogeant le commissaire Trucchi sur son « informateur » - il entend Me Pollack, avocat (de la défense) célèbre, dire au policier : « N'auriez-vous pas pu suivre le manège de cet informateur et arriver, grâce à lui, jusqu'aux receleurs ? »; et le policier de répondre tranquillement : « Non, parce que nous avions donné notre parole que nous ne ferions rien et que la parole d'un fonctionnaire doit être sacrée, surtout avec un homme du milieu ». Bigre.

Le procès a atteint ses sommets ou plutôt ses égouts
Cela continue avec Ruberti, celui qui jouait le rôle du cycliste pendant le hold-up. Pour lui, le cerveau, c'est Leca. A la fin, il est énervé, Ruberti. Il crie : « Et moi, je paye en étant détenu pendant que les autres qui sont libres, courent toujours ! ». Le président : « Vous avez touché votre part... » Ruberti : « Rien du tout. Peut-être trente sacs ? Autant dire des bigorneaux ! » Le président : « Je ne connais pas le cours des bigorneaux ! » Le troisième jour, royale arrivée de la Begum. Elle reconnaît le fameux diamant et un seul des gangsters : l'émotion sans doute. Arrive le jour dont J.M. Théolleyre du Monde écrira : « Le procès d'Aix-en-Provence a atteint vendredi soir ses sommets ou plutôt ses égoûts. » Depuis quelques jours, le passage à la barre de leurs subordonnés n'a rien donné mais voilà qu'entrent en scène Georges Valantin, directeur de la Police Judiciaire et Berteaux, directeur de la Sureté nationale. Ravagé par les tics, Valantin lance d'entrée : « Vous croyez peut-être que c'est Paulo Leca l'instigateur du coup ? Eh bien, l'instigateur n'est pas Leca mais M. Berteaux, directeur de la Sûreté nationale ! ». Le président : « Ah ça ! Vous avez des preuves ? » Valantin : « Parfaitement ! Oui, c'est M. Berteaux le véritable chef du gang ! » Et de signaler que Paulo Leca et Berteaux sont d'ailleurs de vieux amis. Stupeur du public et de la Cour. Les accusés dans le box, eux, sont hilares. Arrive Berteaux, très calme, très sûr, très élégant : « Tout vient de ce que je n'ai pas assez estimé M. Valantin à ses propres yeux ! Or, M. Valantin est un incapable, un brouillon, un hurluberlu, un hanneton ! » Si Valantin le poursuit de sa haine, c'est parce que lui, Berteaux, a refusé de lui payer des notes de frais exagérées : elles étaient subitement passées de 30 000 à 125 000 F par mois. Valantin explose : « Si c'est ça, on va remuer de la merde ! » Berteaux, de plus en plus sûr de lui, en arrive à tracer un portrait très flatteur de son ami Leca, élargit son propos à une analyse sociologique du milieu : « Tous ces hommes ont un certain sens de l'honneur. Et croyez-moi, quand il n'y a plus d'honneur dans le milieu, il n'y en a plus nulle part dans le pays ! »

J'ai parlé du code de l'honneur et non de l'honnêteté
Explosion dans la salle. Le président : « Et avec ces raisonnements, vous étiez chef de la Police ? » Berteaux : « Oui, et alors ? J'ai parlé du code de l'honneur, non de l'honnêteté ». Nouvelle explosion. Vacarme. Le président : « Vos conceptions sont suffocantes ! Leca est un bandit, et c'est vous le directeur de la Sûreté nationale, qui venez le défendre ici ! Le milieu ? Je vais finir par me demander si vous n'en faites pas partie. » Tumulte général. Dans leur box, les accusés trépignent de joie, observe Frédéric Pottecher. Le président lève la séance : « Cette Cour d'assises a servi de vidange à une véritable poubelle ! » Applaudissements du public. Le lendemain, Berteaux est suspendu de ses fonctions par le ministre de l'Intérieur. Peu de temps après, en décembre 1953, il sera élu sénateur du Soudan (à l'époque colonie française) malgré les perpétuelles attaques de Valantin. Reste à prononcer un verdict : il sera finalement assez modéré : de cinq à dix ans de prison pour chacun. Et l'on sait ce que valent les durées des condamnations... En août 1960, Leca refait surface et demande à être jugé pour vol de bijoux de la Begum. Il passe en jugement le 17 novembre 1961 devant la Cour d'Aix-en-Provence. Plus personne ne se souvient vraiment de cette histoire... il écope de deux ans de prison. Or, il vient de purger dix-huit mois en préventive. Il doit rembourser une somme de 91 millions qu'il ne remboursera jamais. Car le truand meurt peu après le verdict. Quant à la Begum, elle vient de mourir très recemment. Elle avait survécu à l'Aga, à Ali Khan et à la flamboyante Rita Hayworth... Quel souvenir gardait-elle de ce 3 août 1949 ?

 

RACHELI
Jean Félix



Guerre : 1914-1918

Date de décès :
07/05/1915


Lieu de décès :
Verdun (55)

Autres informations :
Soldat au 203e RI - Né le 27/08/1879 à Valle di Mezzana (Corse) - Fils de François et Marie Françoise RACHELI - Blessé sur le champ de bataille et décédé à l'hôpital temporaire n° 4 des suites de ses blessures

 

 


CASILE
Jacques Michel



Guerre : 1914-1918

Date de décès :
23/05/1917


Lieu de décès :
Vauclerc ( Plateau De ) Chemin Des Dames(02)

Autres informations :
Sergent-152e Régiment d'infanterie-médaille militaire-croix de guerre avec citations-fils de Jules Antoine et Angèle CASILE-né le 20 Aout 1895 à Valle di Mezzana

 

 

ALAIN BENEUS

14 JUILLET 2008 A LA PRÉFECTURE

corse matin 15 juillet 2008

 

 

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EN COMPAGNIE DE RAYMOND COPPA ET Marielle Goitchelle

 

 

APPIETTO
M. et Mme Félix Miniconi, son frère ; M. et Mme Ange-Marie Miniconi, son frère ; Mme Charlotte Miniconi, sa soeur ; M. Gérard Alessandrini et Mme, née Pascale Miniconi, sa nièce ; M. Jean-Michel Camuglio, son neveu, et Stéphanie ; M. Pierre-Paul Camuglio, son neveu ; M. Jean-Charles Miniconi, son neveu, et Aurélie ; Mlle Priscilla Alessandrini, sa filleule, et son compagnon Jean-Charles ; M. Pierre Alessandrini, son neveu, et sa compagne Patricia ; M. et Mme Richard Delaveaux ; Laura, Carla, Luna et Hugo, ses petits-neveux ; Les familles Miniconi, Manenti, Bonardi, Luiggi, Papi, Pietri, Sciarretti, Mancini, Leca, Marcaggi, Berti, Dominati, Giordani, Casasoprana, Zevaco, Marion, Sarrola, Rustarucci, Alessandrini, Matteï, Cherchi, Marchetti, Luciani ; Tous ses cousins d'Appietto, d'Afa, d'Alata, de Bocognano ; Tous les paroissiens des communes dans lesquelles il a officié ; Ses amis Jean-Toussaint, Ange-Marie, Christophe, Jean-Christophe, Petrolacci, Despré, Mgr Brunin et ses autres amis prêtres, son amie Archangèle, ses amis di a confraterna san Larenzu di i Peri ; Parents, alliés et amis
Ont la douleur de faire part du décès du
Chanoine Octave MINICONI
survenu à Ajaccio, le 19 aoôt 2014, dans sa 81e année.
La levée du corps aura lieu ce jour mercredi 20 aoôt 2014, à 15 h 30, en l'espace funéraire Morelli, boulevard Louis-Campi, la Rocade. La cérémonie religieuse sera célébrée à 16 heures en l'église d'Appietto. L'inhumation suivra dans la chapelle familiale à Appietto.
Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements.